La crise du logement en France est un sujet qui fait débat depuis plusieurs années. Selon certaines études, environ 12% des étudiants seraient contraints d’arrêter leurs études à cause de problèmes de logement. En outre, 22% des contrats de travail seraient annulés faute de logement disponible pour le nouvel employé dans sa ville d’emploi. La raison d’une telle crise est multi-factorielle, mais un élément revient souvent : des nouveaux DPE peu fiables, voire carrément erronés. Une étude récemment publiée par hellowatt met les pieds dans le plat en appuyant ce constat, chiffres à l’appui.
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Le DPE, une raison majeure de la crise du logement
Parmi les causes souvent évoquées, une tient une place particulière : le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). En effet, de nombreux logements locatifs ont été retirés du marché parce qu’ils ne répondaient pas aux critères du DPE. Or, l’étude d’hellowatt a révélé que 71% des DPE seraient erronés. Pire encore, dans 31% des cas, il y aurait 2 étiquettes d’écart entre différents DPE. Une situation dont certains investisseurs se servent pour augmenter un DPE sans travaux. Une situation qui a de quoi susciter la colère, puisqu’elle aggrave la crise du logement et pénalise à la fois les propriétaires et les locataires.
L’étude émet quelques hypothèses pour expliquer ce manque de fiabilité : le manque d’information sur le bâti, l’usage du logement, et surtout un manque de formation et d’encadrement des diagnostiqueurs.
Un DPE contestable et contesté
Le DPE est devenu depuis peu « opposable », c’est-à-dire qu’il peut être contesté devant un tribunal. Un locataire peut ainsi exiger de son propriétaire une indemnisation équivalente au coût des travaux nécessaires pour atteindre la performance énergétique indiquée par le DPE. Un DPE erroné peut donc avoir des conséquences financières lourdes pour le propriétaire.
Cependant, si 71% des DPE sont erronés, comme l’indique l’étude de la plateforme de conseil Hellowat relayée par l’association 60 millions de consommateurs, un nombre important de propriétaires pourraient être injustement pénalisés.
Des conséquences néfastes pour le marché du logement
Plus grave encore, l’interdiction de mise en location des biens immobiliers dont la consommation d’énergie est supérieure à 450 kW par an et par mètre carré, effective depuis le 1er janvier 2023, a contribué à retirer du marché locatif un grand nombre de logements. Cette mesure, couplée aux erreurs de DPE, a eu pour effet de réduire l’offre de logements, accentuant ainsi la crise du logement.
Un système qui favorise les plus riches ?
D’aucuns dénoncent également un transfert de richesse des petits propriétaires vers les plus riches. En effet, face à ces contraintes, de nombreux propriétaires choisissent de vendre leur bien, souvent à un prix dévalué. Les plus riches, les fonds d’investissement et les banques, peuvent alors racheter ces biens à bas prix, effectuer les travaux nécessaires et remettre les logements en location à des prix plus élevés. Un système qui, loin d’être « libéral », serait plutôt un « capitalisme de connivence », selon certains observateurs.
Quelle solution pour sortir de cette impasse ?
Face à cette situation, il est urgent de repenser le système du DPE. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, avait d’ailleurs annoncé vouloir le modifier, avant de se rétracter, certainement sous la pression de l’Élysée.
En attendant, la crise du logement continue de frapper de plein fouet les étudiants, les jeunes actifs et les propriétaires. Une situation inacceptable qui nécessite une prise de conscience collective et des actions concrètes pour protéger les intérêts des locataires et des propriétaires, sans oublier l’enjeu crucial de la protection de l’environnement. La solution dans cette situation n’est autre que politique, ces derniers étant à l’origine de cette réforme contestée du DPE.


